Voyager en van ne permet pas de dormir partout, même si c’est une liberté qu’on lui associe souvent. Nous aussi, au début, on voulait faire uniquement du sauvage. Mais entre les heures passées à chercher un endroit où l’on se sent bien et les lieux devenus interdits, nos habitudes ont changé. Aujourd’hui, nous alternons notamment les nuits chez l’habitant et au camping. On aime toujours autant partir en van, mais la liberté qu’on y trouve ne dépend plus seulement de l’endroit où l’on dort.
Dormir partout en van : une promesse qui se heurte à la réalité
Un van garé face à la mer, les portes ouvertes sur les montagnes, personne à l’horizon… Ces images donnent envie, et nous aussi, on aime ces moments-là. Mais elles ne racontent pas toujours ce qu’il a fallu faire pour trouver cet endroit, ni les conditions dans lesquelles on peut y rester.
Alors autant être francs : ceux qui vous font croire que voyager en van permet de dormir partout, sans aucune contrainte, vous mentent.
On peut encore passer de belles nuits en pleine nature. Simplement, ce n’est pas une possibilité acquise partout où l’on arrive. Sur les routes que nous fréquentons, nous avons vu les choses changer. Plusieurs spots où nous avions dormi sont maintenant interdits, et nous avons parfois l’impression de voir les panneaux pousser de partout. C’est frustrant, surtout quand on a toujours fait attention à respecter les lieux. Bien sûr, la situation n’est pas la même dans tous les pays, ni même d’une région à l’autre. Il reste des endroits où l’on trouve plus facilement où passer la nuit. Mais de notre côté, nous ne partons plus du principe qu’un lieu accessible il y a quelques années le sera encore aujourd’hui.

Stationner ou camper en van : quelle différence ?
Dormir à l’intérieur de son van, sans installation extérieure, ne constitue pas automatiquement du camping. En revanche, sortir une table et des chaises pour s’installer à côté du véhicule est considéré comme un acte de camping, comme le rappelle la FFCC. Un endroit où l’on peut garer son van n’est donc pas forcément un endroit où l’on peut s’installer dehors pour manger. Et c’est aussi cette possibilité de profiter de l’extérieur qu’on recherche en voyage.
Le camping sauvage n’est pas interdit partout en France, mais il est encadré et de nombreux lieux l’interdisent. À l’inverse, garder toutes ses affaires à l’intérieur ne garantit pas qu’on puisse passer la nuit sur n’importe quel parking : il faut aussi tenir compte des restrictions locales de stationnement.
Entre les panneaux et les règles propres à chaque lieu, on peut vite avoir du mal à comprendre ce qui est permis. C’est ce manque de lisibilité que je trouve pénible : on veut respecter les règles, mais on aimerait pouvoir savoir clairement où l’on peut passer la nuit et dans quelles conditions. Et puis, au-delà des interdictions, il y a une question toute simple : est-ce qu’on se sent bien à cet endroit ? Parce que trouver un coin où passer la nuit ne suffit pas toujours à s’y sentir tranquille. C’est aussi ce qui nous a amenés à revoir notre recherche du spot parfait.
Pourquoi nous ne cherchons plus le spot sauvage parfait
Au début, on voulait faire uniquement du sauvage. Mais il ne suffisait pas de repérer un joli coin pour avoir envie d’y dormir. Il fallait qu’il soit un peu caché, qu’on s’y sente bien… et moi, j’ai toujours été un peu « flipette » à ce niveau-là. On pouvait parfois passer des heures à chercher « le » spot. Et franchement, ça me gonflait. Avoir la liberté de bouger, mais passer une partie de son temps à chercher où s’arrêter, ça avait ses limites.
Nous avons aussi vécu un braquage à main armée en Italie, sur un spot où nous nous étions arrêtés pour la nuit. Nous ne nous sentions pourtant pas en danger à cet endroit. Je ne raconte pas ça pour dire que toutes les nuits en pleine nature sont risquées, mais ça fait partie de notre vécu et de notre rapport à cette façon de voyager.
Notre changement d’habitudes ne s’est pas fait du jour au lendemain. Petit à petit, on a arrêté de vouloir faire du sauvage à tout prix. Aujourd’hui, on se prend moins la tête. Un endroit peut être magnifique et ne pas nous convenir pour la nuit. À l’inverse, un lieu moins spectaculaire peut être exactement ce qu’il nous faut pour nous poser tranquillement. On aime toujours les beaux spots, évidemment. Mais on n’a plus envie d’y consacrer des heures de recherche, ni d’en faire une condition pour passer de bonnes vacances.

Les voyageurs en van ne cherchent pas tous à ne rien payer
« Ils ne veulent rien payer. » C’est un reproche qu’on entend à propos des voyageurs en van ou en camping-car, et je trouve ça assez réducteur. Oui, on aime faire des économies sur les nuits. On ne va pas prétendre le contraire ! Mais on paie notre carburant et on adore consommer local. Ce qu’on dépense pendant un voyage ne se résume pas au prix de l’endroit où l’on dort.
J’ai aussi le sentiment que voyager en van n’est plus perçu comme il y a dix ans. On nous associe parfois à ceux qui laissent leurs déchets ou abîment les lieux où ils s’installent. Ces comportements existent, et ils m’agacent aussi. Mais nous ne sommes pas tous comme ça. De notre côté, nous avons toujours été respectueux des endroits où nous passions, et c’est frustrant de se sentir mis dans le même panier simplement parce qu’on arrive en van.
Payer une nuit ne nous pose pas de problème. Nous le faisons régulièrement, au camping ou chez l’habitant. On peut apprécier une nuit gratuite et accepter d’en payer une autre : nos choix ne reposent pas uniquement sur le prix.
Où dormir en van ? Nos choix aujourd’hui
On fait aujourd’hui pas mal de camping, mais ce qu’on aime le plus, c’est dormir chez l’habitant. Nous l’avons beaucoup fait lors de notre voyage en van au Maroc. Et certaines de ces nuits nous ont laissé des souvenirs qu’on n’aurait jamais imaginés en cherchant simplement où se garer.
Dormir chez l’habitant, notre préférence au Maroc
Ce qui nous plaît, c’est d’abord l’accueil. Les personnes chez qui nous nous sommes arrêtés nous ont reçus les bras ouverts, et ça change tout. Notre nuit leur apporte un petit revenu supplémentaire, et de notre côté, on est contents de pouvoir se poser chez quelqu’un qui a envie de nous recevoir. Ce n’est pas toujours le spot rêvé, mais on y trouve souvent une ambiance plus familiale et plus calme que dans un camping. On peut notamment repérer des lieux d’accueil privés sur Park4night.
Près de Marrakech, nous nous sommes ainsi retrouvés à dormir au milieu des oliviers. Puis nous avons été invités à une soirée organisée par une tiktokeuse sur les lieux!, où nous avons partagé le repas avec eux. Ce soir-là, les femmes mangeaient avec les femmes et les hommes avec les hommes. Me voilà donc avec des femmes dont aucune ne parlait français… Petit moment de solitude sur le coup, je l’avoue ! Mais quand on y repense aujourd’hui, c’était génial.
Cette soirée, on ne pouvait pas la prévoir. Et c’est aussi pour ces rencontres qu’on aime dormir chez l’habitant : parfois, on repart avec bien plus que le souvenir d’un endroit où l’on a passé la nuit.


Le camping, aussi pour le plaisir de Maé
Le camping a également sa place dans nos voyages. Maé aime beaucoup, parce qu’il y trouve souvent des jeux et d’autres enfants avec qui s’amuser. Ses envies comptent aussi dans le choix de nos nuits ! Un endroit qui nous plaît à nous n’est pas forcément celui où lui passera le meilleur moment. Alors on alterne, sans chercher à faire du sauvage à tout prix.

La liberté en van, pour nous, c’est pouvoir changer de route
Ce qu’on aime toujours autant dans le voyage en van, c’est pouvoir adapter notre itinéraire. Si la météo s’annonce mauvaise là où l’on voulait aller, on peut envisager une autre direction. Un endroit nous plaît ? On peut essayer d’y rester un peu plus longtemps. Avoir notre lit et nos affaires avec nous nous laisse cette souplesse, même s’il faut ensuite trouver où passer la nuit. C’est surtout là qu’elle se trouve, notre liberté aujourd’hui.
Ça ne veut pas dire qu’on improvise tout. On peut préparer un itinéraire et garder la possibilité de le modifier en cours de route. On ne fera pas forcément toutes les étapes prévues, et ce n’est pas bien grave. Ce qui nous plaît, c’est de pouvoir adapter le programme à nos envies du moment.
Les interdictions nous agacent toujours. On aimerait trouver plus facilement des endroits où l’on peut s’arrêter et être bien accueillis. Mais on a aussi compris qu’à force de chercher le spot parfait, on s’imposait nous-mêmes une contrainte dont on pouvait se passer. Aujourd’hui, on préfère consacrer ce temps à ce qu’on est venus faire : profiter du voyage.
Et vous, votre façon de choisir vos nuits en van a-t-elle changé avec le temps ? Je serais curieuse de savoir comment ça se passe pour vous, et si vous ressentez encore cette liberté dont on parle tant.




